Plan de travail 1

 

Le 13 mai prochain, à Kiev en Ukraine, aura lieu le 62ème concours Eurovision de la chanson, et toute l'équipe de Club Corbeille est déjà à fond. Tout d'abord parce que cette édition est plus explosive que jamais d'un point de vue politique, à l'heure du Brexit et des tensions entre la Russie et le pays organisateur (la chanteuse russe est interdite de territoire en Ukraine et ne pourra donc pas se présenter). Ensuite et surtout parce que l'Eurovision reste le meilleur programme musical au monde, l'un des plus spectaculaires et des plus onéreux, le plus gay friendly, flamboyant et over the top, et c'est surtout l'occasion de découvrir ce qui se fait de mieux (et de pire) musicalement sur le Vieux Continent.

 

Ici, chez les Corbeilles, nous sommes tous des eurofans convaincus. L'ESC (Eurovision Song Contest), c'est un peu notre coupe du monde de foot à nous, avec supplément paillettes, poppers et divas biélorusses. On a donc décidé de partager avec vous tous nos coups de coeur de cette édition 2017. Le pays gagnant de cette année se trouve forcément dans notre sélection. Du moins on l'espère !

 

 

Top 5 de Kurt Corbeille

 

 

Jana Burčeska "Dance Alone" (ARY Macédoine)

 

La Macédoine n'a jamais vraiment brillé dans les classements de l'Eurovision, c'est donc une réelle surprise de voir débarquer cette année un titre aussi tubesque que "Dance Alone". Jana Burceska est une ex-candidate de télé-crochet qui risque fort de devenir une héroïne nationale en offrant à son pays le premier top 10 de son histoire. Sa chanson est taillée pour les radios pop, avec un refrain à la fois dansant et mélancolique, et une touche 80's. Derrière cette petite merveille se cache la team de compositeurs responsable du titre de Poli Genova, "If Love Was A Crime", qui représentait la Bulgarie au concours l'an dernier (une tuerie qui a terminé 4ème). Pour le staging, ils ont fait appel à la chorégraphe de Loreen, gagnante en 2012 avec "Euphoria". On sent donc que cette fois les macédoniens n'ont pas envie de faire de la figuration et veulent mettre toutes les chances de leur côté ! Reste à savoir si le public votera pour un titre pop qui surnage au milieu d'un océan de ballades.

 

 

Blanche "City Lights" (Belgique)

 

Deux ans après le carton de Loïc Nottet (4ème du concours avec "Rhythm Inside"), la chaine publique belge RTBF prouve une fois encore qu'elle a le flair pour dénicher les artistes à envoyer à l'Eurovision. Blanche (de son vrai nom Ellie Delvaux) a 17 ans et partage deux points communs avec le gagnant de Danse avec les stars. Tout comme Loïc, elle a été repérée dans The Voice Belgique. Et c'est également avec une chanson indie pop maussade qu'elle se présentera à Kiev. "City Lights" est une ballade electro assez incroyable, écrite par le leader du groupe belge Roscoe et produite par le britannique Tim Bran, metteur en son pour London Grammar, Foxes ou Birdy. Le titre, assez dark et minimaliste, n'était pas destiné à participer au concours au départ, et c'est d'ailleurs un choix risqué car le chant de Blanche a la puissance d'un murmure. Mais la classe et la mélancolie du morceau, qui tranchent avec certains gros machins à fanfreluches de la compétition, risquent de faire leur petit effet sur les spectateurs du show.

 

 

 

Top 5 de Julien Popavapeur

 

 

Svala "Paper" (Islande)

 

Svala Björgvinsdóttir est une artiste connue en Islande, c’est un peu leur Jenifer (en plus rigolote). On la connait depuis toute jeune (à 9 ans elle a sorti son premier n°1), elle est coach de la version islandaise de The Voice, a déjà écrit des titres pour l’Eurovision, est aussi dans un groupe, Steed Lord, et possède sa ligne de fringues, Kali. Ça fait des années que cette auteure-compositrice de l’ombre est demandée par les fans et à maintenant 40 ans, elle a sauté le pas du Söngvakeppnin, la sélection islandaise pour l’Eurovision. Échec et mat, Svala a smashé les votes en étant première loin devant le second. Sa popularité et sa chanson, "Paper", une ballade electro complètement folle, l’ont aidée à gagner son ticket pour Kiev. "Paper" ça parle bah… de papier. Si vraiment, elle compare l’amour à du papier… c’est pas du génie ?

 

 

Dihaj "Skeletons" (Azerbaïdjan)

 

Dihaj, c’est l’alliance de trois personnes dont Diana Hajiyeva (qui s’est inspirée de son nom et prénom pour le nom de groupe) fait partie. Diana a déjà essayé l’Eurovision, deux fois même. La première en 2011, malheureusement reléguée à la 4ème place de la sélection azérie (derrière les gagnants de 2011 : Ell & Nikki) et la seconde en 2016 où elle était backup singer pour Samra. Son univers c’est un peu la pop expérimentale, mais en Azerbaïdjan, on s’en fout un peu : on te file une chanson et t'as pas ton mot à dire. Dihaj a eu du bol, non seulement la chanson est bonne, composée et écrite par le duo qui a fait gagner l’Azerbaïdjan en 2011 (un duo suédois/azéri), mais en plus ça lui va comme un gant. "Skeletons" est pour le moment assez sous-estimée car je vois bien le titre arriver très haut dans le classement et peut-être créer la surprise avec ses nappes electro, sa mélodie qui te hante et un refrain à faire hurler les loups.

 

 

 

Top 5 de Crea John

 

 

Francesco Gabbani "Occidentali's Karma" (Italie)

 

Cette année, ce sont les outsiders qui tirent leur épingle du jeu dans la tripoté de participants à l’Eurovision. Et il y en a un qui, selon moi, mérite beaucoup d’attention. Il s’agit de Francesco Gabbani qui offre enfin à l’Italie un titre bien loin des balades mielleuses habituellement proposées. Francesco n’est pas n’importe qui en Italie. Il est le premier artiste à participer et à remporter le Festival de Sanremo deux années de suite dans deux catégories différentes, dont celle de la victoire en 2017 avec sa chanson "Occidentali's Karma". Le Festival de Sanremo est une véritable institution dans le pays, plus vieille que l’Eurovision et modèle de cette dernière d’ailleurs. Une sorte de Melodifestivalen sauce ritale et super machine à tubes, au point d’éclipser du pays l’Eurovision pendant presque 15 ans dans les années 2000. Francesco, mélange d’Eros Ramazzotti et de Julien Doré (et dont une rumeur tenace le dit gâté par la nature), propose un titre qui pourrait être une relecture funky du "Je suis un homme" de Zazie, avec des paroles joyeusement subversives qui nous concernent, pauvres occidentaux égocentrés !

 

 

Anja "Where I Am" (Danemark)

 

Je fais encore partie des rares fans de la chanteuse Agnes, à espérer un jour un retour en trombe. Alors quand j’ai vu Anja se présenter sur la scène des éliminations de l’Eurovision avec son titre "Where I Am", mon coeur a forcément craqué. La chanteuse dano-australienne remporte The Voice en Australie en 2014 sous la tutelle de will.i.am, offrant au passage de grands moments de télé comme sa reprise de "I Have Nothing" de Whitney Houston. C’est grâce au Dansk Melodi Grand Prix 2016, auquel elle finit à la seconde place, qu’elle se fait connaître au Danemark. Et la chanteuse a la brillante idée de retenter sa chance l’année suivante, remportant au passage le concours. Le titre, simple mais puissant, véritable déclaration d’amour, permet à Anja de montrer l’étendue de son talent vocal, auréolée de feu sur scène. De la vocal pop dans la plus pure tradition scandinave, comme on aime !

 

 

 

Top 5 de Tomadelba

 

 

Ilinca & Alex Florea "Yodel It!" (Roumanie)

 

On tient là la chanson la plus Eurovision de cette édition 2017. En joignant leurs forces, le chanteur Alex Florea et la chanteuse de yodel Ilinca nous livrent un titre sorti des enfers du kitsch. Le premier participait en 2015 à l’édition roumaine de The Voice qu’il ne remportera pas, tandis que la seconde s’est faite remarquer localement pour ses participations successives à The Voice, La Roumanie a un incroyable talent et le X Factor local. Une entrée dans le concours qui me donne personnellement envie de militer pour un duo Louane / Kendji pour représenter la France. Mais bref passons. La chanson est une sorte de mélange entre du rap pas bien méchant et donc, du yodel. C’est sans aucun doute le titre le plus bizarre proposé cette année, et donc celui le plus dans l’esprit du concours. (Théorie alternative : déçus de ses flops successifs, les roumains ont décidé de rendre hommage à Gwen Stefani qui continue à sortir de la pop de grand cru).

 

 

Slavko Kalezić "Space" (Montenegro)

 

Artiste multiple, Slavko Kalezić a suivi une formation d’acteur avant de participer à l’édition 2013 du X Factor serbe. On notera donc on passage le souci des pays d’Europe de l’Est pour la planète, avec le recyclage quasiment systématique des perdants de leurs télé-crochets en candidats à l’Eurovision. Mais ce qui est intéressant ici, c’est que son audition à X Factor nous donnait déjà un avant-goût de ce que serait plus tard sa performance à l’Eurovision. Car il avait bien prévu de refaire régner le kitsch dans le concours à grand renforts d’eurodance rétro. Puis en 2016, Beyoncé, alors en tournée pour Lemonade, devient un meme lorsqu’elle nous prouve que la maîtrise de ses performances est désormais étendue à ses cheveux. Slavko voit passer ça, et le clip de "Space" était né. Bref, une chanson qui ne laissera pas le public de l’Eurovision indifférent.

 

 

Voilà, rendez-vous le 13 mai pour la grande finale de l'Eurovision Song Contest ! Et d'ici là, retrouvez tous les titres de notre sélection 2017 (ainsi qu'un best of de tous les tubes du concours) sur notre Eurovision Party Playlist !

 

 

 

 

Kurt Corbeille, Julien Popavapeur, Crea John et Tomadelba