Ne comptez pas sur moi pour vous dérouler un discours anti jeuniste relou, comme celui qu'a dû subir Carly Rae Jepsen quand les gens ont finalement découvert son âge canonique. Avril Lavigne a 28 ans, et je ne vois rien de dégradant ou de pathétique à jouer les éternels ados. C'est vrai quoi, qui a envie d'être vieux, dépassé, qui veut sucrer les fraises ? Personne. Et la pop, ce n'est que ça : la recherche (certes illusoire) de la jeunesse éternelle, en l'espace de 3mn30.

 

Simplement, là où ça coince un peu, c'est que cette chanson, bah elle est toute rincée. Allez, je ferme les yeux sur l'allusion à Radiohead, déjà utilisée de façon plus discrète et plus appropriée sur "The One That Got Away" de Katy Perry. Ce pauvre bougre de Thom Yorke doit d'ailleurs s'arracher les cheveux en se voyant cité à tout bout de champ par des artistes qu'il doit probablement mépriser du plus profond de son être d'autiste arrogant. Mais même en passant outre les clichés éculés qui s'étalent au kilomètre dans les lyrics, cette ode à la jeunesse (enfin à la régression surtout) est un peu molle du cul, non ? Si des adolescents se reconnaissent dans cette rengaine triste et poussive coécrite avec son mec de chez Nickelback, alors on peut sérieusement s'inquiéter de l'état de dépression avancé des kids de 2013. Mais je soupçonne ce titre de s'adresser davantage à la génération de la chanteuse. Quoi qu'il en soit, en ma qualité de cougar notoire, je me permets, Avril, de te souffler un petit conseil : pour vraiment rester jeune, il faut au moins y croire un peu.