Lily Allen

A mesure que la date officielle de sortie de son album approche à grands pas, les singles s'enchainent à toute allure pour l'ex-popstar chérie de l'Angleterre, la grande gueule Lily Allen. Ce véritable single bombing (on a eu droit à "Hard Out Here", "Air Balloon", "L8 CMMR" et "Our Time", sans parler de l'insignifiante reprise de Keane) cache un sentiment de panique générale au sujet de Sheezus. De l'avis de tous, et de l'aveu de la chanteuse elle-même, ce disque ne serait pas très bon et n'attirera probablement pas les foules, surtout dans le marasme commercial auquel font face les chanteuses de pop music ces derniers mois.

 

Ce nouveau titre, l'éponyme "Sheezus", en dit long sur le malaise entourant le comeback de Lily Allen. Très ironique tout en étant très personnelle, la chanson se veut badass, mais évoque surtout la frousse terrible ressentie au moment de remettre les gants, au milieu d'une guerre des divas pop, totalement artificielle certes mais bien réelle pour leurs maisons de disques. Et de balancer un name dropping incluant Rihanna, Katy Perry, Lady Gaga (qu'elle défend très subtilement), Beyoncé et la jeune Lorde. Il est intéressant de signaler qu'en citant la chanteuse néo-zélandaise, Lily Allen avoue à demi-mots d'où lui est venue l'inspiration : avec sa rythmique hip-hop minimaliste, ses choeurs nonchalants et son attaque en règle de la pop culture contemporaine, "Sheezus" est une copie carbone de "Royals" à peine déguisée. Il y a aussi un passage particulièrement awkward où le cycle menstruel est évoqué, mais la pudeur est de mise face à cette tentative de buzz féministe totalement flinguée et lourdingue.

 

Cette fois, le doute n'est plus permis : comme je le disais aux premières heures de sa promo, Lily Allen n'a pas envie, elle botte en touche, traîne les pieds, se cache derrière sa grande gueule et son ironie au lieu d'écrire de vraies chansons pop. En manque total d'inspiration et de réelle motivation, avec parfois de jolis restes ("Our Time" reste une superbe ode mélancolique à la grosse bamboche), son album pourrait bien être la BO dépressive d'une popstar qui ne se sent plus de taille, qui n'a plus la foi, et qui se regarde sombrer avec un cynisme paradoxalement assez touchant. Sheezus va se planter, mais ce sera une dégringolade plutôt belle et poignante, en rigolant. "L-O-L ah-ha".