J'ai un ami qui, chaque fois qu'un titre de Little Boots démarre dans une de mes playlists, me fait la même remarque : "Oooh, ça c'est mou du cul, ça doit être du Little Boots". Et il gagne à tous les coups.

 

Je fais partie des rares personnes à avoir défendu bec et ongles son premier album Hands, un disque terriblement sous-estimé, excellent de bout en bout, un peu la formule pop idéale. Et puis, la délicieuse, fun et roborative recette Little Boots, à l'époque boostée par une prod' en béton armé taillée pour les radios, a été quelque peu modifiée au fil des années et des singles diffusés sur les blogs.

 

Le deuxième album, Nocturnes, a mis quatre ans avant de voir le jour. On peut deviner le gros boulot de remise en question, la déception après avoir trop cherché le succès et les charts. Aujourd'hui, Victoria revient avec un disque low profile, plus introspectif, plus exigeant. Adieu les tricks putassiers de RedOne, on dépoussière les synthés analogiques dénichés au vide grenier, et en avant pour une ambiance de disco sinistre signée Tim Goldsworthy. Pour un résultat mi-figue mi-raisin. Le truc est peut être plus cohérent, mais moins pop, moins évident, et, effectivement, quelque peu mou du cul.

 

Néanmoins, ce qu'il reste à sauver de la petite entreprise Little Boots, ce sont les chansons qui, malgré leurs sonorités anorexiques plutôt déroutantes, restent assez séduisantes pour la plupart. "Broken Record", "Every Night I Say A Prayer" ou "Crescendo" ont des mélodies à l'épreuve des balles. Dommage que le tout sonne si fragile et timoré.

 

L'album sort la semaine prochaine, mais on peut dores et déjà l'écouter dans son intégralité sur le site de Pitchfork (évidemment).