Lana Del Rey, c'est un peu mon nouveau sujet de plaisanterie sur ce blog et dans la vie. Non que je la déteste : ce sera sans doute une de mes chanteuses préférées en cette fin d'année. Le souci, c'est que c'est la chanteuse préférée de tout le monde. Et, par principe, tel l'ado attardé que je suis resté, j'aime pas faire comme tout le monde.

 

Récemment, j'ai assisté en personne au "phénomène Lana Del Rey" auprès de certains de mes amis. Je me suis retrouvé dans une soirée où l'on jouait "Video Games" à la guitare, tout le monde fredonnait les paroles, tout le monde connaissait la chanson par coeur. Puis, quand fut annoncée une date à Paris, ces mêmes amis, qui ne vont jamais voir qui que ce soit en concert, se sont empressés de commander des places au petit matin sur internet. Plus tard dans cette même soirée, on a sorti des perruques et la trousse de maquillage. Oui, ce soir-là, on s'est déguisés en Lana Del Rey. Cette popularité et cette adhésion instantanées, ça m'a laissé perplexe. Je trouvais ça louche, inhabituel.

 

Comment, sur la foi d'une poignée de chansons, une jeune nana que personne ne connaissait avant l'été, est-elle devenue la petite copine idéale de tous les internautes, les jeunes, les hipsters, et bientôt de tous les gens de la planète (quand Canal+ l'aura décidé) ? Il suffit d'écouter "Video Games".

 

 

Je pourrais bavasser sur la beauté de cette chanson pendant trois plombes, mais je ne ferais que paraphraser les tonnes d'articles et de posts publiés sur elle récemment dans la presse et sur les blogs. La simplicité et l'immédiateté de cette chanson sont désarmantes. J'évite de poster sur ce blog des titres à la beauté évidente, car je n'aurais rien à en dire, et moi j'adore papoter, vous le savez. C'est pour ça que je n'ai pas parlé cette année des chansons du groupe Cults, ou Saint Saviour, ou Amanda Mair, des gens qui sont à l'évidence bourrés de talent, mais je ne sais pas écrire sur la beauté, en fait.

 

C'est la raison pour laquelle Lana Del Rey est mon nouveau sujet de plaisanterie. Parce que je suis resté comme les garçons à l'école qui préfèrent se moquer des filles plutot que d'avouer qu'ils sont amoureux. Je ne suis pas amoureux de Lana, parce que d'une part je suis un pédé un peu misogyne sur les bords, qu'elle m'a tout l'air d'être une cruche, et que je ne pourrais jamais m'empêcher de faire des blagues vaseuses sur sa "moue lippue", pour reprendre une expression des Inrocks. Je ne suis pas amoureux de Lana, en revanche ce serait difficile de ne pas tomber amoureux de ses morceaux.