Ariane de God Save My Blog a retrouvé une malle de ses vieux vinyles dans la maison de ses parents ce weekend. Ca lui a donné l'idée d'une nouvelle rubrique, "1 disque, 1 jour", où elle se penche avec nostalgie sur de vieux tubes oubliés dans le grenier parental.

 

Je ne vais pas faire la même chose sur Boulevard des Hits, pour deux raisons. La première, non négligeable, est que je suis très paresseux. Mais la vraie raison, c'est que j'avais vraiment des goûts de merde, quand j'étais jeune. Genre, j'avais TOUS les 45 Tours de Début De Soirée, pas juste "Nuit De Folie", mais tous les autres qui avaient moins bien marché. Vous voyez le tableau.

 

Cependant, en guise de clin d'oeil à la rubrique d'Ariane que je ne manquerai pas de suivre avec grand intérêt, je suis allé fouiller dans ma collec' de vieux disques, pour en sortir... "Get Up (Before The Night Is Over)", de Technotronic.

 

Sorti en 1990, ce single faisait suite à un carton dancefloor mondial, "Pump Up The Jam", que beaucoup considèrent aujourd'hui comme le point de départ du succès global de l'entreprise eurodance. Porté à bout de bras par le producteur belge Jo Bogaert et la rappeuse Ya Kid K, le projet Technotronic est un peu pionnier.

 

A l'époque, j'étais au collège dans le nord de la France, et la musique qu'on écoutait alors, nous venait tout droit des boîtes du sud de la Belgique. C'était ce qu'on appelait de la New Beat, une tambouille 100% locale, ultra froide et synthétique, mélange bizarre de la house des débuts (qui commençait seulement à se faire entendre en France, sous le nom de Acid Music - une musique de pédés et de drogués donc) et de la new wave dark des 80s. C'était à la fois très glauque dans les sons et très fun dans l'esprit. Les succès commerciaux de ce style musical belgo-belge se nommaient Confetti's, les Bassline Boys ("Monsieur Dechavanne-Dechavanne-Dechavanne"), Plaza et Pleasure Game ("le dormeur doit se réveilleeeer"). Ca faisait un peu désordre cette musique, entre les fausses rumeurs alarmantes (les badges "smiley" auraient contenu de la cocaïne) et les tenues des groupes sur scène durant leurs showcases en discothèques (meufs en latex, déguisements de flics ou de nazis).

 

Technotronic, à l'univers beaucoup plus léger, est arrivé en 1989 avec "Pump Up The Jam", premier titre "hip-house" populaire (de la house music avec du rap par dessus, dont le premier représentant francophone était belge lui aussi : Benny B. - "Mais vous êtes fous ! Oh oui !"). Gros succès partout dans le monde, grâce notamment au look coolos (pour l'époque) de Felly, la "chanteuse" du groupe (un mannequin d'origine congolaise). On apprendra peu de temps après qu'elle ne chantait pas sur les disques mais était là pour faire joli, en playback, comme c'était la coutume au début des 90s.

 

La vraie voix de Technotronic, Ya Kid K, beaucoup moins bombasse, fut par la suite créditée officiellement et apparaîtra dans le clip de "Get Up". Que voici.

 

 

En 1990, j'étais bien trop jeune pour aller en boîte, mais cette musique me rendait dingue. J'ai acheté les premiers singles de Technotronic, puis l'album (mon premier CD !) qui en toute honnêteté, tient encore super bien la route aujourd'hui. La prod' sonne encore super fresh, 22 ans après. En 90, Technotronic se tiraient la bourre au sommet des charts dance avec un autre groupe, italien cette fois, Black Box, qui eux aussi ont fait beaucoup d'argent avec la musique synthétique de l'époque, inspirée par la house balbutiante. Eux aussi ont utilisé un mannequin en guise de chanteuse qui mimait sur des samples de la grosse choriste Loleatta Holloway, et tout le monde n'y voyait que du feu ! Drôle d'époque.

 

Enfin, ma plus grande frustration de jeunesse, c'est de n'être jamais parvenu à reproduire le pas de danse ultra populaire de l'époque, que l'on aperçoit dans le clip, le "running man". Les LMFAO ont récemment donné une seconde vie à ce truc, qu'ils appellent dorénavant le shuffle, mais là encore je suis pas spécialiste. En tout cas, tous mes potes savaient le faire sauf moi, et je pense que c'est à partir de là que je me suis senti différent et que les ennuis ont commencé.

 

On notera, pour finir, en voyant la pochette du single, que je n'ai pas attendu Tumblr et les lolcats pour aimer les photos de matous.