Il y a un peu plus d'une semaine, au beau milieu de la nuit, je suis tombé par hasard sur le nouveau clip de Tommy february6. Pour les gens qui ne connaissent pas, Tommy est une chanteuse de j-pop qui a eu un petit succès au Japon et dans le monde, avec un projet pop, Tommy february6, et un projet rock, Tommy heavenly6. J'étais quand même vachement surpris d'être le dernier au courant, ça fait des années que j'attends son comeback (son dernier single digne de ce nom doit dater de fin 2006).

 

Le projet Tommy february6 a toujours été assez étrange. Tomoko (c'est son vrai prénom) est une ex chanteuse d'un groupe pop rock qui a cartonné au Japon, The Brilliant Green. En 2001, elle se lance dans une carrière solo et se crée deux "avatars", february et heavenly. Le son "february" est clairement inspiré de la pop 80s des producteurs Stock Aitken & Waterman et des albums d'Alyssa Milano (oui oui, elle a sorti des disques au début des 90s). Son obsession pour les gimmicks et les mélodies de l'époque est telle que par moments on frôle le plagiat. Ses clips, visuellement hallucinants de surenchère kawaii, ont fait exploser sa carrière lorsque YouTube est apparu dans les foyers au milieu des années 2000. En gros, durant une bonne partie de la dernière décennie, elle était au top : tous les fans de culture asiatique la connaissaient.

 

Puis plus rien. Quelques apparitions sur des génériques d'animes, des best of en 2008, et disparition totale. C'est un peu comme si Tomoko avait anticipé l'arrivée de la k-pop sur le marché japonais en raccrochant les gants.

 

Et alors qu'on ne l'attendait plus, elle vient de sortir fin février deux nouveaux mini albums, February et Heavenly, aux pochettes cheap, et au contenu pas extraordinaire. La magie n'est plus là, l'inspiration non plus. Le comeback tant attendu est une grosse débandade. Peut-être qu'à 37 ans (quand même), Tomoko ne croit plus vraiment à son personnage de lolita foireuse et désabusée qui erre dans ses clips en jouant mollement avec ses jouets Sanrio tout en engloutissant des douzaines de macarons et des hectolitres de thé. Peut-être que, telle Marie Antoinette (obsession number one des japonaises depuis des temps immémoriaux), elle attend tranquillement, résignée dans sa chambre, qu'une armée de coréennes vienne la chercher pour la conduire à l'échafaud.

 

 

A voir absolument : les clips de "Everyday At The Bus Stop", "Love Is Forever", "Je t'aime je t'aime" ou "Lonely In Gorgeous", classiques de pop culture.

 

Les maisons de disques japonaises ne veulent vraiment pas que la j-pop s'exporte : depuis quelques années, aucune vidéo officielle de Tommy n'est disponible sur YouTube. Faudra pas venir pleurer au sujet de la Hallyu...