Shakira-Rihanna-CantRemember

Aaaaah Shakira. Son nom m'évoque une quantité non négligeable de barbecues et d'apéritifs dinatoires consacrés essentiellement à me pinter la ruche à coups de mojitos dont seule ma meilleure amie maitrise la recette (je n'en bois jamais à Paris, ils sont tout bonnement dégueulasses). Shakira, c'est la nostalgie d'une drôle d'époque, celle des années 2000, que la chaine W9 semble chérir tout particulièrement ces temps-ci avec ses rediffusions quotidiennes de Génération Hit Machine. Ces fameuses "noughties", qui portent en elles une certaine idée de la pop : une pop cheesy crust qui partage encore beaucoup de points communs avec la variété, une pop qui sent un peu le graillon et qui n'hésite pas à verser de ci de là quelques louches de guitares électriques (sous-mixées, pour ne pas casser les oreilles de la ménagère amoureuse de Nikos Aliagas).

 

La musique de Shakira, c'est une world pop un peu craignos, qui chatouille pourtant les hanches (elles qui ne mentent jamais) et parle davantage aux fesses qu'au cerveau. Shakira, c'est une prod' effroyable, des titres faciles, des refrains à fort embonpoint, c'est "Waka Waka", de la flute de pan hystérique ("Whenever, Wherever"), de la reprise de Cabrel ("Je l'aime à mourir"), ce sont des clips incroyables où elle est capable de s'asperger le corps avec de l'huile de vidange tout en restant sexy ("La Tortura"). Shakira, on l'aime parce que son univers est insouciant, ensoleillé et lourd comme un été à Bandol. Ses mélodies évoquent les beignets aux pommes sur la plage, les cagoles en maillot deux pièces qui marchent sur le sable et qui cocottent un mélange de crème solaire et de Lady Million. Shakira, c'est ce qu'on entend immanquablement quand on allume NRJ après être revenu du marché avec son sac de courses rempli de savons à la lavande et de bocaux d'anchoïade. Le son Shakira, c'est l'exotisme à moindre frais, c'est pas très classe ni de très bon goût, mais c'est précisément tout ce qu'on a envie d'écouter, en ce morose mois de janvier.

 

Elle sort cette semaine un nouveau single, en "duo" avec Rihanna (on ne l'entend pas beaucoup), où elle suit à la lettre la bonne vieille recette de ses précédents succès. "Can't Remember To Forget You", avec sa dinguerie de refrain à guitares et sa tentative de bricolage un peu grillé d'un "Locked Out Of Heaven" au féminin, est un comeback single en or massif, qui ravira les fans et fera danser les autres. Shakira, c'est un peu comme la plus délicieuse des soupes au pistou, et avec elle ce sera toujours l'été, whenever, wherever.